Gestion efficace de l’eau

La rareté des ressources en eau à l’échelle mondiale ainsi que les menaces de pollution grandissantes font de la gestion efficace de l’eau une nécessité incontournable. Des stratégies ont été adoptées dans le but de faire de la Cité Verte un modèle responsable de la gestion de cette indispensable ressource. Les objectifs visés : réduire la demande et réduire les rejets.

  • Rétention des eaux de pluie

    L’approche de gestion des eaux pluviales va au-delà des critères de performance normalement exigés pour un projet de cette ampleur. En général, il est demandé de respecter la capacité des ouvrages d’évacuation des eaux usées. Dans le cas présent, un critère de rejet de 15 l/s.ha est demandé, ce qui correspond à un terrain vierge à l’état naturel.

    Le projet de la Cité Verte « artificialise » l’ensemble du terrain et certaines surfaces sont étanchées (rues, trottoirs, toitures, etc.). On profite des surfaces imperméables ou semi-imperméables pour capter et stocker les eaux de pluie. Les approches de rétention sont multiples avec des volumes de rétention correspondants variables.

    La rétention et le stockage des eaux de pluie sur le site évitent les frais reliés au surdimensionnement du réseau de collecte pluvial de la ville. Cette stratégie présente un intérêt environnemental non négligeable : les eaux de pluie recueillies répondent aux besoins en irrigation pour l’entretien des différents espaces verts du site, réduisant considérablement la demande en eau fournie par l’aqueduc municipal. Quant à la capacité additionnelle de rétention, elle servira de réserve à des fins de réutilisation (arrosage des parterres, nettoyage des automobiles et des rues) comme décrit précédemment. La légère pollution de ces eaux de pluie ne gêne pas ces usages.

    L’emmagasinement permet d’écrêter les pointes de ruissellement à l’égout de façon à respecter la capacité des infrastructures municipales. Dans le cas présent, comme le réseau d’égout municipal est combiné, le contrôle à la source des eaux d’orage permet de contrôler les débordements d’eaux usées aux cours d’eau et réduit les impacts nuisibles à l’environnement.

    Divers lieux d’emmagasinage des eaux permettant différentes stratégies de drainage ont été aménagés sur le site. Le drainage « bâti » implique les toitures d’immeubles ainsi qu’un réservoir de rétention situé au sous-sol de ces derniers.

    Le drainage « aménagé » utilise différentes stratégies : les jardins d’eau, les jardins de pluie, le « rain art », les îlots de rétention, les étangs de rétention et les bassins de rétention. L’utilisation de plantes indigènes est favorisée pour quatre raisons principales : réduction notable de la consommation d’eau, entretien minimum, réduction de l’impact néfaste des îlots de chaleur et non-recours aux pesticides ou d’engrais susceptibles de contaminer l’eau qui se déverse à l’extérieur du site.

    Dernier élément innovateur à souligner jouant un rôle clé dans la gestion des eaux pluviales : les bioswales. Ces éléments sont situés en bordure des rues et jouent un double rôle : ralentir l’écoulement des eaux de ruissellement et les assainir.

  • Minimiser les rejets vers les usines d’épuration des eaux usées

    La gestion des eaux de pluie réduira significativement le volume d’eaux usées acheminées vers les usines d’épuration.

    L’eau de pluie recueillie, stockée puis réutilisée pour l’arrosage des parterres s’évaporera naturellement ou via les métabolismes des plantes, sinon elle contribuera à humidifier le sous-sol. Quant aux bioswales en bordure de rues, ils permettront de réduire l’impact des eaux de ruissellement tout en les assainissant.

    En effet, les bioswales sont des îlots végétalisés situés plus bas que les rues, captant les eaux de ruissellement des rues, des trottoirs et, lorsque la topographie l’oblige, des terrains aménagés. La végétation joue un rôle épuratoire en captant les principaux polluants (matières en suspension, hydrocarbures, métaux lourds, phosphore). Elle diminue également la vitesse du ruissellement et lorsque requis par la pente naturelle, des déversoirs brisent l’énergie, évitant ainsi des problèmes d’érosion.

    Les bioswales favorisent en partie l’infiltration d’eau et la recharge de la nappe phréatique mais ce n’est pas ici le but recherché à cause de la présence du coteau Sainte-Geneviève et des problèmes d’instabilité apparents. Les bioswales contribuent également à la rétention des eaux de ruissellement.

    En période hivernale, lorsque l’andain de neige bloque l’accès du ruissellement au bioswale, un réseau d’égout pluvial conventionnel peut prendre la relève au drainage des rues.

  • Appareils à faible consommation d’eau

    Dans les immeubles, l’installation d’appareils sanitaires à débit réduit et de dispositifs à faible consommation permet de réduire la consommation d’eau potable. Des toilettes à double chasse (4,3 litres en moyenne par chasse), des robinets à débit réduit (1,9 l/min) et des pommes de douche à débit très faible (5,6 l/min) sont prévus. Dans les condos et les maisons de ville, les lave-vaisselle et les laveuses offrant des caractéristiques écoénergétiques (ENERGY STAR ou ÉcoLogo) sont inclus.

    En supposant un taux d’occupation moyen de deux personnes par logement et une consommation moyenne de 175 l/c.d au lieu de 250 l/c.d. (selon la littérature), soit une réduction moyenne de 30 % de la consommation, l’économie sur la consommation en eau potable et le volume d’eau usée rejetés sera de l’ordre de 120 000 m3 par année.